Fonder un cirque, c’est nourrir ce lien entre l'art et la vie, en choisissant de réunir notre lieu de vie, de pratique, de création et de représentation, et de pouvoir faire voyager notre univers et d’y inviter des personnes (spectateurs et artistes).
C’est un choix de vie et de diffusion de notre travail en dehors des théâtres, qui ne peut être vu qu’à long terme ou au moins,
à moyen terme… (suite voir dossier)
Le choix du chapiteau a un lien direct avec notre projet artistique global, où le lieu de représentation et sa configuration ont toute leur importance : rapport aux spectateurs et représentation du jonglage et du mouvement en circulaire.
Réfléchir à son architecture est aussi une réflexion artistique sur la scénographie des spectacles qui y seront créés. C’est également une réflexion sur la lumière et le son qui seront imaginés et qui, de par la caractéristique nomade de cette architecture, pourront voyager quasi à l’identique d’un endroit à l’autre, sans les adaptations que requièrent les théâtres.
La piste confronte notre pratique du mouvement et du rapport à l’objet à la circularité de l’espace du jeu, après 6 années de créations frontales, et de recherches sur l’image graphique. La circularité implique un autre rapport à la composition, un rapport plus sculptural, explorant les trois dimensions, contraignant à la prise en compte de toutes les parties du corps, et notamment à la "mise en vie" du dos autant que de la face.
La circularité implique ainsi un autre rapport au spectateur. Il s’agit d’une approche énergétique nouvelle, fonctionnant sur une structure en constellation, et non plus en polarisation, comme dans le spectacle frontal. Le flux de communication entre les individus, artistes au centre et public autour, en est transformé, et semble permettre une circulation plus fluide, une certaine intimité.
Pourquoi un chapiteau neuf ? Quel chapiteau ?
Nous avons voulu un petit chapiteau confortable et chaleureux, et surtout intime, dans le sens où spectateurs et interprètes sont très proches, voire dans une certaine exiguïté, mettant l’accent sur l’humain au centre de la représentation, un chapiteau correspondant à des critères esthétiques en rupture avec les chapiteaux du cirque traditionnel : nous l’avons voulu gris métallisé pour rompre avec le côté "parc d’attraction" que nous inspirent les toiles rouges avec des étoiles jaunes (c’est un cliché, mais d’autant plus utilisé qu’il est porteur d’un imaginaire collectif fort), pour son côté futuriste (un peu vaisseau de l’espace… nous aimons l’imaginer implanté à côté du Musée Guggenheim à Bilbao…), et pour sa capacité à se fondre dans le territoire urbain.
Nous souhaitions également travailler avec un outil moderne et pratique afin de concentrer l'énergie sur l'artistique... Il était donc logique de faire construire ce chapiteau…
Nous avons alors fait part de nos souhaits à Napo (Société HMMH) qui a pu, par son expérience, mettre en œuvre nos exigences et nous conseiller sur nos envies. Travailler avec Napo n’était pas un choix anodin, mais avait une envergure politique, choisissant ainsi de travailler avec un constructeur de grande qualité, français, assurant la construction et le suivi, et ayant une véritable accointance avec le cirque et la création artistique contemporaine en arts du cirque.