La Compagnie

La compagnie propose des spectacles de jonglage et orientés plus largement sur le rapport à l'objet dans ce qu'il contient de ludique, de chorégraphique et de théâtral. Le couple est un thème récurrent (Dans quel sens?, Une nuit sur Terre), et s'inscrit dans un intérêt plus global pour le drame humain. Ainsi, le vol jonglé (Une nuit sur Terre, SomeBODY), forme abstraite dans sa composition, raconte en fait beaucoup sur le rapport humain, le jonglage pouvant évoquer à cet endroit le rapport personnel de chacun à la vie, en même temps qu'il évolue avec les autres dans l'espace et dans le temps...

Présentation

La Compagnie Le Pied sur la Tête a été fondée au début de l'année 2000, de la rencontre d'Elsa Guérin et Martin Palisse, tous deux jongleurs et manipulateurs d'objets.
Les principaux axes sont la création et la transmission.

En 2006, la compagnie acquiert un chapiteau et prend le nom de Cirque Bang Bang.

Les principales créations de la compagnie sont : Dans quel sens ? (2000), Skratch (2004), Une nuit sur Terre (2006, sous chapiteau) et SomeBODY (2009, sous chapiteau).
Quelques formes éphémères (1.stable, Cabaret jonglé, Mixmix, Supa Doop...) ont également été créées à l'occasion d'événements particuliers (Festival Les Ephémères à Chalinargues, Festival Les Rendez-vous de Séoul, Triennale d'art contemporain de Yokohama...).

Chaque création est le fruit d'une collaboration avec des artistes venant du cirque, de la danse, du théâtre ou de la musique, dans une volonté d'ouverture et de mélange des genres et d'enjeux renouvelés au service d'objets artistiques sans étiquette fixe.

La compagnie est actuellement en résidence à Cébazat (2010-2013) en convention avec Sémaphore scène conventionnée, et y développe, outre ses créations, un travail de sensibilisation à la création contemporaine en cirque (répétitions publiques, stages, cabarets...).

Démarche

"Jongleurs et manipulateurs d'objets de formation, avec un fort intérêt pour une certaine pratique de la danse (avec le chorégraphe Hervé Diasnas), nous avons choisi de nous consacrer à une recherche et à la création d'objets artistiques interrogeant l'art du jonglage, se préoccupant du corps, du mouvement et du jongleur lui-même, en lien avec le monde et les arts en général, notamment la danse, le théâtre, la vidéo, la musique et l'art contemporain.
Dès l'origine, notre démarche s'est caractérisée par une volonté de donner à voir du jonglage autre chose que la performance technique seule : donner ce que l'on est et pas seulement ce que l'on sait faire.
Notre engagement repose sur l'idée que le jonglage est un art à part entière, un art du mouvement, du jeu, de la prouesse, de la poésie, qu'il se suffit à lui-même, mais peut aussi croiser d'autres arts pour dialoguer d'égal à égal.
Nous le vivons comme un art de l'abstraction, et en même temps comme le théâtre d'une interaction permanente entre l'homme et ses objets. Ces objets qui sont comme une extension de soi, et un corps étranger à dompter, symbole de notre volonté de puissance sur le monde, de notre quête effrénée à nous extirper de l'ordinaire et à accéder au merveilleux.
Notre envie de développer une poésie autour du rapport à l'objet interroge à la fois l'imaginaire - d'où notre attachement à la balle blanche, laissant place à une imagination débridée dans le désert de l'abstraction, et confrontant le corps humain à sa pureté géométrique - et le quotidien - parce que nous sommes joueurs et que tous les objets qui nous passent entre les mains, peuvent donner lieu à une manipulation, une collection, une accumulation, un détournement..."
Avec le temps, s'est affirmée notre volonté de travailler sur la puissance évocatrice du mouvement et du rapport à l'objet, et plus largement sur le drame humain (le couple, le groupe...). Le potentiel dramatique et théâtral de la relation qu'entretient l'homme avec l'objet est ainsi une caractéristique essentielle de notre travail, qui s'est développée conjointement avec une approche du jonglage comme art chorégraphique.

Une autre singularité de notre démarche est le choix récent (2006) de travailler en cirque avec notre chapiteau, et dans un mode de représentation circulaire (et donc à trois dimensions).

La piste confronte notre pratique du mouvement et du rapport à l'objet à la circularité de l'espace du jeu. La circularité implique un autre rapport à la composition, un rapport plus sculptural, explorant les trois dimensions, contraignant à la prise en compte de toutes les parties du corps, et notamment à la mise en vie du dos autant que de la face. Elle implique aussi un autre rapport au spectateur. Il s'agit d'une approche énergétique nouvelle, fonctionnant sur une structure en constellation, et non plus en polarisation, comme dans le spectacle frontal. Le flux de communication entre les individus, artistes au centre et public autour, en est transformé, et semble permettre une circulation plus fluide, une certaine intimité.

Ce choix s'inscrit aussi dans notre volonté d'effectuer un travail auprès des populations et sur un territoire donné. La compagnie construit depuis quelques années un lien avec le public par des actions de médiation intégrées au processus de création, et de transmission de nos pratiques artistiques. Il s'agit d'une part, de maintenir une posture ouverte nécessaire à l'inscription de notre travail dans le monde actuel, et d'autre part, de stimuler l'imaginaire et de sensibiliser (au delà même des publics déjà conquis) à la création contemporaine, en particulier dans le domaine des arts du cirque. » (voir aussi chapiteau)

Historique

  • 2000 : Elsa Guérin et Martin Palisse fondent la Compagnie Le Pied sur la Tête, et créent Dans quel sens ? : c'est le spectacle de la jeunesse, celui avec lequel on se fait la main, où la forme est en longue évolution au fur et à mesure des représentations, bientôt 200 à ce jour, tant dans des lieux non équipés, décentralisés, au plus proche d'un public rural et semi-rural (l'Auvergne dans tous ses recoins, et la France dans quelques autres), en rue, en festivals (Aurillac, Chalon dans la rue...) que dans des lieux confortables ou lors d'événements prestigieux (Festival Les Rendez-vous de Séoul, Le Carré - scène nationale de Château-Gontier, Le Festin - CDN de Montluçon...).
    Après déjà quelques représentations, Lân Nguyen (ancien artiste du Cirque national du Vietnam, ex-directeur pédagogique Ecole du cirque Yole) rejoint ce travail et l'accompagne dans une réflexion globale à la fois sur la créativité autour du jonglage et de l'acteur clownesque. Le spectacle est repris en 2002 avec la collaboration de Philippe Ménard affirmant la volonté d'une mécanique minutieuse des corps et des manipulations d'objets, dans un esprit commun de loufoquerie et d'étrangeté.
  • 2003 : la compagnie présente diverses petites formes (Cabaret jonglé), en Corée du sud, dans le cadre du festival Les Rendez-vous de Séoul, au Don Zong Art Center.
    S'initie à la même époque le projet d'un métissage entre jonglage et hip-hop. Avec le soutien du Festival Les Ephémères, la compagnie engage une 1°recherche et présente Mixmix.
  • 2004 : le projet Skratch (jonglage, hip-hop, vidéo), met en jeu un métissage chorégraphique, une collaboration avec des musiciens hip-hop et un graffer, et un travail de vidéo, et est coproduit, entre autres, par La Comédie de Clermont-Ferrand, scène nationale, et avec le soutien en résidence de Regards et Mouvements (Centre des Arts du cirque, Pontempeyrat). La compagnie invite à cette occasion Khady Fofana (danseuse), Jethro Bare (compositeur) et DJ Wicked. P (ancien DJ du groupe Assassin) issus du milieu hip-hop, un graffer/graphiste, Tabas, et un vidéaste, Joël Caron.
    La compagnie réalise dans le cadre du projet 4 films courts, projetés durant le spectacle, mettant en scène l'imagination débridée du jongleur (film d'animation, Les enfants de la balle), un mix de DJ réalisant des body tricks (DJ Wicked P.), la réalisation d'un graff par Tabas dans une piscine désaffectée (Oiseau) et une fiction sur 3 personnages cagoulés jonglant et dansant en des lieux incongrus (Les Escrocs).
    Skratch est créé en décembre 2004 au Centre culturel de Nouzonville.
  • 2005 : le projet d'une création sous chapiteau et de l'acquisition de celui-ci se dessine. Elsa Guérin et Martin Palisse expérimentent leur 1ère recherche pour le cercle à l'occasion d'un résidence sous le Chapiteau d'Adrienne Larue (Paris, août 05).
    Cette année-là lors des Rencontres Cascabel à Amiens, ils rencontrent Mamoru Ishikawa et Asako Oguriyama, dits le Couple Noir, à qui ils présentent leur travail. Elsa Guérin et Martin Palisse sont invités dans le cadre du programme 2005 EU-Japan Year of People to People Exchanges/Arts for Community Growth and Development, pour un projet en collaboration avec Art Lab Ova (Zulu Kageyama et Kuri Suzuki) et l'Institut franco-japonais de Yokohama. A cette occasion, est effectué un travail d'ateliers avec des enfants, et sont présentées diverses performances à la Triennale internationale d'art contemporain, à la Festa internationale de Yokohama et à l'Opening Night du Festival Kazuo Ohno (Bankartlife), où les artistes sont invités à travailler autour et parfois ‘'dans‘' les installations plastiques.
  • 2006 : la compagnie fait le choix du chapiteau (création Napo), et donc d'un espace, induit par une démarche artistique mêlée d'une démarche politique : créer pour le cercle, créer un univers et le faire voyager pour inviter les spectateurs. Parallèlement, répondant à l'invitation du Théâtre de Cusset et du département de l'Allier, la Cie Le Pied sur la Tête s'installe à Cusset avec son chapiteau et est accueillie en tant que compagnie associée pour trois ans.
    En octobre, est créé Cirque Bang Bang...une nuit sur Terre lors du festival Drôles de Cirque! (Cusset) pour être ensuite présenté au Festival Circa à Auch. Ce spectacle propose un travail sur l'intimité du couple, entre jonglage chorégraphié et tragi-comédie, et est l'occasion d'une 1ère collaboration avec Manu Deligne à la composition musicale et avec Hervé Diasnas autour de la pratique du vol jonglé.
  • 2007 : la compagnie remporte avec Cirque Bang Bang...une nuit sur Terre le Prix du festival au Festival RenaissanceS à Bar le Duc.
    La compagnie change de nom et devient Cirque Bang Bang.
    Dans le cadre de Cartes blanches à Cusset, elle organise deux cabarets sous son chapiteau, les Cabarets Bang Bang, où elle invite de nombreux artistes : Martin Schwietzke, Antek Klemm, Johanna Gallard, Loïc Soleilhavoup, Kim Huynh, Jive Faury, Olof Zitoun, Ludor Citrik...
  • 2008 : la compagnie prépare sa 2ème création sous chapiteau, et initie une recherche autour de la notion d'identité et d'un développement du vol jonglé, lors des résidences sous son chapiteau à Cusset et sous le chapiteau de l'Espace Périphérique (novembre) en collaboration avec Hélène Ninérola (mise scène) et Hervé Diasnas (conseiller chorégraphique).
  • 2009 : résidence au Centre artistique et technique Nil Obstrat (juin)
    Création de BODYnoBODY les 2, 3, 4 et 5 juillet au Festival Renaissances à Bar le Duc.
  • 2010 : recréation de BODYnoBODY avec d'autres interprètes sous le titre SomeBODY.

Elsa Guérin et Martin Palisse développent parallèlement un travail de transmission du jonglage et de la manipulation d'objets axée sur la conscience corporelle dans le temps et dans l'espace (actions culturelles en théâtres, écoles de cirque, classes à PAC...).

Voir les stages

Equipe

Responsables artistiques, auteurs
metteurs en scène, jongleurs

Elsa Guérin & Martin Palisse
Compositeur et musicien
Manu Deligne
Régisseur général / Régie lumière et son
Matthieu Pelletier
Technicien chapiteau
Pierre-Yves Dubois
Diffusion
Antoine Billaud

Collaborateurs depuis 2000

Guide pour la recherche, esprit philosophe
Lân Nguyen
Metteurs en scène
Johanny Bert, Hélène Ninérola
Chorégraphes
Philippe Ménard, Hervé Diasnas
Regards complices
Jive Faury, Francis Farizon, Romuald Collinet
Vidéastes
Joël Caron, Greg Robin
Jongleurs(euses)
Virginie Charbonnier, Christophe Pilven, Antoni Klemm
Anne-Agathe Prin, Johann Allenbach
Danseuses
Khady Fofana, Milène Duhameau
Créateurs lumière
Grégory Wronski, Johan Olivier
Régisseurs lumière
Grégory Wronski, Johan Olivier, Frédérique Bihan
Régisseurs son
Ludovic Bouaud
Musiciens compositeurs
Jethro Bare, DJ Wicked P.,
William Sabatier, Thomas Guillemet
Technique
Solène Junique, J-C Caumes, Renaud Souvignet
Patrice Laborda, Cédric Simon
Photographie
Enrico Bartolucci, Ludovic Leleu, Séverine Faure
Construction
Carl Simonetti, Frédéric Bernard
Philippe Ragot, Côme Delain
Costumes
Magali Castellan, Charlotte Margnoux (stagiaire ENSATT)
Grapher
Tabas (Cédric Malot)
Diffusion
Anne Bensoussan, Rachel Brun
Administration et diffusion
Maud Orain, Aurélie Picard

Merci à:
Théâtre du Mayapo, Klaus et Paul-Emilie, Théâtre de Romette, Béatrice Barthélémy, Anne Bensoussan, Gaby Chervalier, Boris, Flo Pascal, Jocelyn, Yaya, Juju, Bob et Raph, Mike, Lucas Palisse, Philippe Mougel (La Baie des Singes), Jacky Rocher (Théâtre du Puy), Lionel Zwenger (Le Bief), Sarah et Marc Bienaimé (Association Les Kirous), Denis Bouffin (Théâtre de Cusset), Natacha Sibellas (Athena), Mamoru Yoshikawa et Asako Oguryaki (Le Couple Noir), Lân, Jive, Tchesko, Hervé D., Popo, Jéjé, Sylvain J., Antek, Manu, Estelle et Romu…